Le 20 juin 2024, l’arbitre a rendu une décision en faveur de notre confrère Michael Palmer, mécanicien de catégorie 13 à YUL avec 35 ans de service, reconnaissant que sa mise à pied était injustifiée et discriminatoire.
L’arbitre ordonne à l’employeur de verser à Michael 14 mois de salaire perdu, soit environ 120 000 $, en plus des heures supplémentaires qu’il n’a pu effectuer, avec intérêts au taux légal. De plus, une bonification de son fonds de pension d’environ 500 $ par mois lui est accordée, pour un total estimé à 150 000 $.
Nous saluons le travail exceptionnel de Serge Gélinas, du District 140, ainsi que de l’exécutif du Local, qui ont accompagné ce dossier avec rigueur et détermination.
Retour sur une bataille de longue haleine
L’histoire de Michael Palmer est marquée par une lutte de plusieurs années contre une injustice flagrante. En 2013, il subit un accident du travail. Trois ans plus tard, la CNESST le déclare apte à reprendre ses fonctions sans limitations.
À son retour, il informe son gestionnaire qu’il ne peut conduire de véhicule en raison d’effets secondaires de sa médication. L’employeur lui accorde alors un accommodement pendant trois ans. Mais en 2019, un nouveau gestionnaire décide de le déplacer vers une autre fonction, dans un environnement isolé et dégradant, surnommé par les travailleurs «la cage«.
Lorsque survient la pandémie de COVID-19 en 2020, Michael est mis à pied dans le cadre d’une réduction d’effectifs. Mais contrairement à d’autres travailleurs, il n’est jamais rappelé après la fin de la mise à pied technique en juin 2020. Il se retrouve donc sans salaire pendant un an, jusqu’à sa réintégration forcée en juin 2021.
L’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale (AIMTA) a contesté cette situation devant l’arbitre, soutenant que l’employeur avait violé la convention collective ainsi que la décision de la CNESST. L’arbitre a tranché en faveur du confrère Palmer, jugeant que l’employeur avait agi de manière discriminatoire en raison de sa déficience, un motif de distinction illicite selon la Loi canadienne sur les droits de la personne.
Une victoire qui renforce nos droits collectifs
Ce jugement est une victoire importante pour tous les travailleurs et travailleuses. Il rappelle que les accommodements en milieu de travail ne sont pas une faveur, mais un droit. Il souligne aussi l’importance de la solidarité syndicale pour combattre les décisions injustes et faire respecter nos conventions collectives.
Notre confrère Michael Palmer pourra tourner la page sur cette période difficile, retrouver la dignité qu’il mérite et bénéficier d’une compensation juste pour les préjudices subis. Cette décision envoie aussi un message fort aux employeurs : nous ne tolérerons aucune discrimination et nous continuerons à défendre les droits de tous nos membres avec détermination.
La lutte paie, et cette victoire est celle de toute notre section locale !